Le hasard me fait retomber sur le titre et le moment où je savais que je tomberai amoureux de cet Opéra:
Richard Wagner - Tristan Und Isolde (Kleiber) Cd4 - 01. Akt 3 - Szene 3 - Mild Und Leise Wie Er Lächelt.mp3
Je me souviens encore de ce moment d'écoute tout sauf spectaculaire, et c'est ce qui rend l'effet grandiose. J'étais sur une bête chaise avec un casque pour pas déranger. La chaise au coin du salon, collée contre le mur.
J'écoute une mélodie suffisamment étirée pour être abordable... La mort d'Isolde.
Et puis à cinq minutes du morceau, je m'en souviens encore... Un frisson... comme une montée d'adrénaline.
Le chant change de ton, Isolde meurt et je me retrouve en Apnée quelques longues secondes.
Vous savez quoi, le mieux, c'est que vingt ans plus tard, je me le refais et ça marche.
Magique.
Je sais j'ai de la chance.
Pour l'info "technique"
C'est la version de M. Kleiber, ici Margaret Price chante, c'était bien cette version que j'avais eu à ce moment là.
Celle chantée par Madame Flagstad vous plonge encore plus profondément... Si vous levez la tête vous apercevrez Jacques Mayol remonter à la surface.
PS: Chance, pour ceusse qui se demandent... Les liens sont encore bons pour l'album en entier...
http://devantf.blogspot.com/2009/03/richard-wagner-tristan-und-isolde-1865.html

12 commentaires:
excellent!!
merci beaucoup
Il y a des musiques comme ça qui nous font des effets bizarres, sans cesse renouvelés. Même sentiment avec cet opéra. Certains passages me donnent inévitablement la chair de poule. Et on n'en finit pas d'explorer les motifs de la musique. Personnellement, j'en reste à la version enregistrée en 72 par Karajan, avec Helga Dernesch et Jon Vickers.
Et merci encore pour le Oum Kalshoum posté chez La Rouge...
Haaa le dieu Karajan ;-)
C'est toujours pareil, et celui ci n'y échappe pas: Les différentes versions font les belles discutions musicales comme je les aime.
Mon frangin, grand amoureux du monsieur Wagner, lui jure par la version de Böhm à Bayreuth. Pour le son en public.
Il n'aime pas trop ma préférence car trop studio. Il a raison et c'est pour cela que je l'apprécie: Un confort sonore qui aide à appréhender le monument. Je me souviens avoir acheter un Strauss, le Chevalier à la Rose, en public, prise de son approximative... Même si Karajan & Della Casa, Jurunac, je me suis payé la version toujours de Karajan avec Schwartzkopf ... qui m'a ouvert à cet opéra... Ensuite j'ai pu fréquenter l'autre.
Pour revenir à ce que tu m'as écrit ... Je vais tenter de trouver et me faire une opinion sur mes deux passages préférés
Ha! la guerre des versions. Je viens de trouver un enregistrement public à La Scala (04/04/59), toujours de Karajan, avec Birgit Nilsonn. Craquements d'époque garantis, même s'il s'agit d'une réédition CD de 2007, passée par la Slovénie!
M'a l'air pas mal du tout...
Mais les frissons sont pour l'instant moins irrépressibles. :-(
J'ai un coffret vinyl que j'écoutais quand j'étais môme et que j'adorais, il faudra que je te donne les références; tu pourrais peut-être me dire si c'est trouvable en CD.
En attendant, je plonge ici. Merci,
Jimmy
Bon, en fait, je débarque sur le blog et pouvoir parler à la fois de Rainbow et de Wagner... ça, ça me plait franco.
Tristan et Isolde...
Je ne vais pas me lancer dans la guerre des versions... à chacun la sienne. l'approche de l'interprétation en musique classique (ou autre d'ailleurs) reste subjective car les angles peuvent être différents et respectables (j'ai eu cette discussion de fond avec une de mes collègues qui enseigne la culture musicale classique et son analyse sur le sujet est des plus pertinentes, éclaire les a priori et surtout se réfère à l'ouvrage sur l'interprétation de Harnoncourt).
Dans cet opéra, ce que j'admire au niveau écriture, c'est justement cette montée progressive vers ce moment fatidique de la mort d'Isolde...
Si l'on y pense, Wagner le prépare dès le début de l’œuvre et il fait tendre progressivement vers ce point culminant. Et... enfin, ça se libère. Puis la chute reste ... une chute, car il faut bien terminer...
Quand j'écoute cet opéra, je sais avoir du temps, je savoure cette attente et... si par malheur, on l’interrompt, je repars du début...
Car cette conception de l'expression sur le temps, sur la durée avec apothéose... ça reste grandiose et surtout ne pas être interrompue...
Le temps pour l'écouter, le temps pour le comprendre et enfin savoir l'apprécier, le temps enfin et toujours... L'unité de mesure et de valeur de la musique...
Cette unité qui s'estompe au profit du formatage à la mn, du zapping, de l'extrait...
Wagner...
La maîtrise de ce temps, du développement. Le spectacle total (l'avant Star Wars et Seigneur des Anneaux...). L'imaginaire sur légendaire épique.
Karajan, ultra densification du romantisme. Böhm, efficacité du chef "de fosse". Kleiber, métrique, rigueur.
A chacun son approche, à chacun ses émotions... reste Wagner... et prendre le temps de se laisser envouter par cette immense progression, cette montée longue et chargée d'émotion...
Installez vous dans le canapé, montez le son , coupez vos téléphones, fermez les yeux...
écoutez.
Prenez... le temps.
Pascal a dit
"...si par malheur, on l’interrompt, je repars du début..."
En tout cas je me repasse la musique une ou deux minutes en arrière .... ;-)
J'imagine que par début tu parles du morceau (D'ailleurs ce découpage a-t-il l'approbation du MaÎtre?) pas de l'oeuvre?
non, non, pas le morceau... je rends dingues ceux qui ont osé perturber mon plaisir... je me refais l'opéra en entier...
je sais, je suis fou...
de musique...
essayez donc, autour de vous on respectera l'écoute musicale... (commencez doucement avec un gros Yes, ou une symphonie de Beethoven ou de Mahler...).
allez, vous avez tout le week end pour essayer.
Si vous entendez parler d'une défenestration, c'est que j'ai suivi votre conseil mais sous estimé mon entourage...
Entièrement d'accord avec cette approche de la musique. Rien ne me rend plus dingue que ces gens qui écoutent de la musique en lisant, en faisant autre chose ou même en regardant la télé.
La musique est bien composé&e pour être écoutée, sauf la musique d'ascenseur évidemment. Et c'est vrai qu'une oeuvre de musique dite classique a, souvent plus que dans d'autres styles musicaux, une construction et une architecture qui souffrent très mal les interruptions. De là à parvenir à être aussi "orthodoxe" et bien faire sentir qu'une coupure est une véritable hérésie... chapeau. Jamais eu le courage d'être aussi punitif avec mon entourage, même si j'en ai souvent eu le désir.
@psegpp ... en fait, moi ce serait franchement différent: Je n'aime pas la musique dans les ascenseurs, trois ou quatre étage, pas le temps d'apprécier... Je n'écoute pas la musique hors pièce, pas de casque ou bien très rarement, mais c'est plutôt un manque d'habitude, et puis j'aime lire dans les transports... et regarder les jolies filles et les belles dames dans la rue... Sinon, la musique tout le temps, quand je l'écoute (bien entendu) quand j'écris (là de suite VIGON qui rend heureux) quand je lis quand je reçois les potes quand nous passons à table quand et quand et quand... Mais je ne veux pas agraver ta "folie" ;-)
En fait, j'écoute de la musique à longueur de journée (et de nuit) et malgré mon "orthodoxie ayatollesque", il faut bien me résoudre parfois à faire autre chose (conduire, travailler, ...). Mais c'est très difficile d’apprécier toutes les nuances, notamment dans un opéra truffé de motifs et qui demande une attention très soutenue.
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